
- Le Cœur -
Le cœur bat. Et sa course folle entraîne le sang. Il fait la vie, cette chose si pure que l'humain ne veut pas perdre. Le cœur bat. Chaque battement est un rythme, chaque rythme une succession de morts par delà la vie. Car le cœur transporte vers la mort. Ce que l'on écrit sur les feuilles brûlées ne peut-être compris. Le cœur bat et l'humain le sait.
Chaque cœur est unique, certains sont froids, d'autres chauds. Certains sont jeunes, d'autres sont vieux. Mais chaque fois c'est la même action : Donner la vie. Car un cœur ne distribue pas cette vitalité pour les autres. Il est égoïste et dans son égoïsme il détruit.
Un cœur ne bat pas pour l'amour ni l'espoir. Ce cœur là est mort depuis des siècles. Un cœur bat. C'est la haine qu'il apporte. Une haine que l'on doit apprendre à maîtriser et à cacher derrière un rideau d'hypocrisie tremblante, pour ne pas s'embraser sur le bûcher du Jugement.
Ce cœur vit et donne la vie. Depuis toujours son existence est maudite car son possesseur est mauvais. On ne dit pas à l'un ce qu'il ne veut pas entendre. Le cœur sait mais n'entend pas. Il continue comme un aveugle, comme un sourd, comme un esclave à perpétuer un mouvement qui apporte maux et souffrances. Depuis toujours son existence est maudite.
Alors qu'il meure. Et que le sang s'écoule sur la Terre desséchée du manque d'humanité. Un jour, la source coulera peut-être de bonté, mais ce jour n'est pas au cœur car ce jour n'est pas humain. Le sang remplira les silences amers. Et ce sang sera donné par les cœurs qui battent inutilement.
Si nous sommes venus par la volonté d'un Dieu, ce n'est pas pour créer, ce n'est pas pour aimer, ce n'est pas pour régner, c'est pour violer, détruire et tuer. Et le cœur en est le cruel jouet. Ce cœur qui n'avait demandé qu'à vivre. Ce cœur que beaucoup allient aux sentiments car ceux-ci ont trouvé refuge en lui. Il se fait berceau de désolation en espérant un jour trouver la flamme de sa libération.
